PAS mort à crédit !
Sans crédit, point d’économie vivante ! Certes. Mais que faire pour « avoir du crédit » quand personne ne vous en prête plus ? Pouvez-vous vous plaindre légitimement de ce qu’on ne vous fasse plus confiance – et que cela se traduise dans le fait qu’on ne vous accorde pas de crédit ?
De prime abord, il semble que non – à quel titre forcer qui ne le veut pas à proposer ce qui par définition, ne peut que s’accorder de bonne grâce : la confiance et le crédit qui va avec ? Après réflexion, la bonne foi du prêteur peut pourtant être mise en question – ce qui se passe quand banques et institutions de crédit apparaissent avoir prêté à tout-va sans bon sens des risques encourus un temps, pour refuser ensuite (maintenant !) tout service à ceux qui ont pourtant toujours (ou le plus souvent) manifesté leur sérieux et la capacité de rembourser…
L’objection est de type quasi-« moral » si l’on veut. Elle a poussé le gouvernement à nommer, en la personne de M. René Ricol, un « médiateur du crédit », qui a rendu son rapport, le premier, le 12 janvier dernier. Son ton n’est ni triomphaliste, ni bonimenteur : il relate les succès enregistrés quant il s’agit de sortir de difficultés de trésorerie passagères les entreprises saines ayant besoin de se financer. Il laisse aussi deviner des obstacles quasi-insurmontables quand ce seront (et ce sont déjà) des entreprises proches de la faillite – parfois si petites (TPE) que la différence, certes légale, avec les ménages existe peu en fait. Or le « médiateur » n’est pas un « sauveur » ; il est banal d’avertir qu’il ne pourra guère de miracles. Et qui les peut ?
Chacun est seul en mesure d’agir dans l’intérêt de ses propres affaires : cette morale paraît réductrice, surtout quand les moyens d’agir sont (très) inégaux. C’est bien pourquoi le pouvoir politique a nommé un « médiateur », afin qu’il appuie les moins dotés. Mais il est seul… Et peut-être le signal majeur qu’il puisse donner est-il d’éviter avant tout de paniquer : que chacun analyse sa situation, réfléchisse à ses besoins réels et agisse aussi adroitement que possible. C’est peu de réconfort. Mais, entre jeter l’éponge (déposer le bilan pour l’entreprise ou le ménage) et « tenir » en renégociant avec courage (résister en rachetant ses crédits de manière avisée), l’écart est faible et il est entre les mains de chacun. Comme son avenir – pour que le crédit, ça profite à tous !
Le saprophyte du crédit.
Le Médiateur du Crédit a une bonne tendance à oublier les TPE ! Dans mon cas, certes compliqué, cela n’a rien donné. Si je regarde à la volée les chiffres de la médiation, environ 2000 entreprises ont reçu une aide favorable des banques, via la médiation, qui ont préservé quelque 42000 emplois. Bravo !
Mais quelles entreprises, simple calcul, 42000 emplois /2000 entreprises = 21 emplois de moyenne par entreprise, si on peut appeler cela Très Petites Entreprises, qu’appelle-t-on une entreprise de 1, 2 ou 3 salariés : Rien ?
Pour ma part, mon besoin était de 20000 €, C.A 2008 115000€, 25000€ de bénéfices. Pour ma première année pas mal. Démarrée en autofinancement complet avec à la base 0€. Je savais que sans fond de roulement, à la première accroche ce serait chaud. Là c’est le froid qui m’a eut ! En effet travailler dehors avec un hiver qui n’en finit pas…. Retard de paiement chez les fournisseurs et la dégringolade.
Etant en interdiction bancaire, pas moyens d’avoir un crédit, donc, dossier de médiation, demande diverse, Chambre des Métiers, Région, famille, etc…. RIEN.
Je fonce tout droit vers le dépôt de bilan pour 20000 €. Alors je me demande si l’Etat mesure au réel les décisions de ne pas vous tendre la main.
Si demain je suis chômeur, d’après ma simulation à l’ASSEDIC, je serais indemnisé a hauteur de 1300 €/mois pendant 23 mois : coût = 29900 €. Ma femme et mes enfants dont je vais me séparer, seront au RMI, coût = 818,34 €/mois allocations familiales 550€/mois (tout ceci au bas mot) d’où sur une période de 23 mois = 31471,82 €.
Total 61 371,82 € pour l’Etat à fond perdu pour 20 000 € de crédit que je vais rembourser !!!
Trouver l’erreur !
En France, je pense sincèrement que le Pouvoir Suprême à été malheureusement donné aux banques.
Il vraiment temps de réformer ces pratiques de fichage à tout va, et de passer au cas par cas réel, dans tout les domaines.
NP.
Commentaire par nph — 4 mars 2009 @ 14:32