La crise économique et le crédit

Catégorie : Crise financière, rachat credit — remy @ 15:39

Avant tout, s’occuper de la crise économique ! … C’est-à-dire du crédit.

De l’Élysée au 10 Downing Street, d’un Washington réveillé de sa torpeur néo-conservatrice par la victoire d’Obama jusqu’aux capitales d’Asie, l’heure est à l’intervention étatique.
Si longtemps honnie, la fierté prudentielle prend de nouveau en compte les réalités locales soufflées par l’ouragan de la crise globale.
Au fond, mythes et slogans importent peu : au Japon, le nouveau 1er ministre, Aso, « néo-con » et un temps adepte du tout-marché a pris la devise : « traiter la crise avant tout ».
Keynes revient sur les tables de chevet des dirigeants. Seulement, derrière les effets de scène, la réalité consiste en créances douteuses, du simple ménage aux plus grands argentiers.
Fait rare : l’autocritique d’un ex-directeur de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, la semaine dernière, devant une commission du Congrès.
Ce que cela change pour les expulsés… Qui ne sait que selon que vous serez grand ou petit…
Dans le dernier quart de siècle, le ratio dette financière américaine brute / PIB est passé de 21% à 116%. Le secteur financier privé présente des chiffres d’autant plus affolants qu’ils sont dégonflés !
Mais, comme pour le petit emprunteur, tarissement du financement signifie vente forcée d’actifs à prix bradé et faillites en chaîne.
« Désendetter » une institution financière en imputant les créances douteuses privées au secteur public (ou semi-public, comme en France la Caisse des Dépôts et consignations, quasiment aux ordres de l’exécutif), cela est désormais regardé comme allant de soi – le risque est réparti sur toute la communauté humaine, qui est donc globalement en danger.
Car qui veut se charger d’actifs dépréciés ? Qui empruntera pour cela, et à qui emprunter, d’ailleurs ? Les garanties qu’exige tout créancier de son débiteur ne valent quasi plus rien à ses yeux : il n’est que naturel qu’il refuse.
L’épargne constituée patiemment par tout propriétaire a « fondu » si elle était en actions (chiffres de la valeur volatilisée dans les bourses mondiales hallucinants) ou va « fondre » si elle est en monnaie (qu’on aie autant de billets ou d’or qu’on le veuille, s’ils ne valent plus que le papier qui porte les chiffres et que personne ne veut acheter : la vente du diamant s’est effondré !…).
Pour le dire autrement : plus de crédit, mécanisme brisé et relations suspendues qui passaient par l’échange de biens et d’instruments pour leur paiement.
Si les institutions dont c’était le métier (les banques en particulier) ne peuvent plus ni emprunter ni prêter, faute de confiance, qui le fera ?
Les institutions de crédit, bancaires notamment, gorgées de créances douteuses, ont implosé, mais ce début est déjà loin ; les conséquences en restrictions de consommation et en contraction de production sont désormais d’actualité.
L’étape prochaine serait-elle la pénurie ? Un catastrophisme ridicule consisterait à annoncer un retour du troc… (ou à croire que le FMI sauvera l’Islande, le Pakistan, l’Ukraine… et à qui le tour) ?
La réalité, elle, force à constater que nous vivons à l’image des peuples primitifs : ils craignaient les forces naturelles, nous vivons l’angoisse du marché déchaîné – ce qui ne nous épargne pas d’ailleurs non plus de souffrir des changements climatiques…
Récession, dépression : croire en sortir aisément est illusoire. La clef est un crédit enfin sain (son rachat si besoin) qui profite à tous et qui, seul, remettra la consommation, la production (et les comptes) d’aplomb. .

Le saprophyte du crédit.

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