Et si je perds mon emploi…

Catégorie : Crise financière, Rachat de credit, Rachat de credits, rachat credit — Saprophyte du crédit @ 16:42

Voilà qui arrive de plus en plus souvent – et le risque ne devrait pas diminuer dans les mois qui viennent. À « perdre son emploi », l’écho répond pour l’immense majorité d’entre nous : « perdre son revenu ». C’est seulement aux extrémités de l’échelle sociale qu’une portion majoritaire du revenu est indépendante du travail (qu’il soit salarié ou indépendant) : chez les plus hauts revenus, d’une part, qui les tirent du capital (composé d’actions mobilières, titres etc. ou de biens physiques de production : usines, etc.), et chez les plus bas, qui relèvent des aides de la société à travers l’action de l’État (allocations, RMI, etc.) selon la législation.
Si le licencié doit en outre rembourser un (ou des) crédit(s), l’angoisse née de la crainte du chômage s’explique aisément : faute de compter sur un revenu stable, il écorne les économies ; si elles s’épuisent, et faute de retrouver un emploi, il ne lui reste qu’à renoncer au bien qu’il avait cru pouvoir acquérir. Lorsqu’il s’agit du logement, la rue attend sa famille : aux États-Unis, la saga des laissés pour compte « on the road » a repris depuis l’an dernier…
Peut-on se protéger ? Récemment, une nouvelle forme d’assurance est apparue : l’assurance-perte-d’emploi. Ce marché semble en effet florissant et promis à un bel avenir… Il convient de connaître cette possibilité de souscrire, tant que « tout va bien », une garantie contre le défaut de remboursement des crédits en cas de licenciement. Mais il faut être prudent, et surtout bien lire les conditions (souvent ce n’est qu’au prorata de la baisse du revenu qu’intervient l’assureur), les clauses d’exclusion (si l’on n’est pas en CDI depuis plus d’un an, par exemple), ou encore les franchises (c’est souvent la période d’entrée en chômage, juste lorsque l’ajustement des dépenses aux revenus est le moins évident). Donc attention !
Lorsque la ministre de l’économie a renvoyé les emprunteurs à leur discernement, à leur « jugeotte », en mars dernier (après réunion avec des dirigeants de grandes banques sur les engagements qu’ils avaient pris en automne), elle songeait aux ménages emprunteurs dont les souffrances ne font que croître, en particulier s’ils tombent au chômage total ou partiel.
Rappelons à cet égard le texte de loi spécifique qui existe déjà: l’article L313-2 du Code de la consommation, qui permet d’obtenir de la justice une suspension limitée dans le temps (mais bienvenue) des remboursements. Il faut engager une procédure, mais les frais en sont limités : on peut se contenter de l’huissier et se dispenser d’avocat si l’on plaide soi-même. La procédure juridique en référé permet d’obtenir une réponse rapide. Durant la période de suspension des remboursements, il est interdit à l’organisme créditeur de compter frais ou intérêts. Le taux de réussite de la procédure dépasse les 90 % : une personne de bonne foi et bien renseignée peut donc l’engager sans grand risque. Car si l’acte de crédit fonde l’activité économique, mais que l’activité disparaît, que faire ? Personne (pas la ministre !) ne discutera les termes de votre situation financière à votre place. Aussi : prudence et diligence, appel à la loi et à des courtiers honnêtes en rachat… pour que le crédit, ça profite à tous !

Le saprophyte du crédit.

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