La crise, la peur, les gens.

Les hommes aiment se faire peur. Les enfants se passionnent pour les histoires d’ogres, les adolescents font leurs délices des films d’horreur, les adultes parlent de… la crise.
À l’heure où elle a manifesté sa nature systémique, et où ce ne sont plus seulement quelques financiers aussi lointains que les princes de contes de fée ayant viré au cauchemar qui sont concernés, tout un chacun peut se faire peur… à peu de frais, pour ainsi dire, car « la crise » coûte beaucoup à nombre de gens. C’est qu’elle est là pour tous : ouvriers licenciés, « salariés pauvres », même les fonctionnaires, pourtant assurés de leur emploi, mais maltraités par un gouvernement qui s’appuie sur la détestation certaine de ses serviteurs dans l’opinion (plus prégnante que la sympathie de surface parfois exprimée)… On ne plaindra pas ceux qui ont perdu le plus en termes quantitatifs: ils étaient les plus riches et ils ont encore de quoi… Mais, comme tous, eux aussi ont peur – au moins relativement, l’angoisse est le lot le mieux partagé. Les motifs d’anxiété peuvent d’ailleurs se différencier à l’infini et les media les relaient largement : peur pour vos économies, peur pour votre emploi, peur pour votre logement, peur pour l’éducation de vos enfants… La peur fascine. Elle laisse sans voix.
Si la peur fonctionne si bien, c’est qu’elle frappe de stupeur. Effrayé, choqué, tout un chacun a besoin de temps pour reprendre ses esprits, se remettre d’aplomb, échafauder une stratégie de rechange pour répondre à une nouvelle situation, pire que la précédente. Il suffit alors, pour déstabiliser définitivement les gens, de renouveler régulièrement la dose d’effroi. L’on y prendrait presque goût : voir les couvertures des magazines ! La crise est là , certes. Mais elle est aussi bien utile, quand la peur qui l’accompagne handicape et paralyse ceux qui, sous le choc, acceptent bien des concessions qu’il eût été difficile d’envisager autrement…
Si vous voulez échapper à la peur, regardez les choses en face : elles vont mal, mais ce qu’on vous en dit ne les fait pas aller mieux. Comme le serpent Kaâ du Livre de la jungle, la peur hypnotise le « petit d’homme ». Mais la magie peut s’arrêter à votre seuil : faites vos comptes, refinancez-vous – par le rachat de crédit – et reprenez confiance. La fascination cessera. La peur avec elle. La confiance renaîtra… et avec elle, un crédit qui profite à tous.

Le saprophyte du crédit.

Le prêt étudiant – ou comment financer ses études par le crédit : la loi est prête.

Catégorie : Loi et crédit — Saprophyte du crédit @ 16:16

La proposition de loi concernant le « prêt étudiant » est prête. Elle vient d’être déposée par un nombre respectable de parlementaires (la liste est publique) et vise à assurer le financement des études par le crédit. En apportant la garantie de l’État, il s’agit de pallier le problème récurrent des garanties demandées par les établissements de crédit aux étudiants…
En différant le remboursement après la fin des études et l’embauche dans un emploi rémunéré au-delà d’un certain seuil, et en rendant de la sorte ce remboursement conditionnel, la proposition devrait écarter les réticences qui peuvent accompagner l’idée d’entrer dans la vie active avec un passif, une dette à rembourser à un créancier. Les deux dispositions sont formulées comme suit :
- proposition d’article L. 821-4-1 du code de l’éducation, § 2 : « Les étudiants peuvent bénéficier de prêts garantis par l’État et dont le remboursement est différé jusqu’à ce que les bénéficiaires obtiennent un emploi une fois leurs études achevées et conditionné au montant annuel de la rémunération perçue ».
- idem, § 3 : « Lorsque le montant annuel de leur rémunération est supérieur au seuil minimum fixé par décret, les bénéficiaires procèdent au remboursement du prêt. Le remboursement cesse temporairement d’être exigible lorsque le montant annuel de la rémunération devient inférieur au seuil réglementaire. Le bénéficiaire peut alors être libéré du remboursement de tout ou partie du solde encore dû ».
L’État, c’est-à -dire tous les citoyens, donne donc la main aux étudiants. Il gage les dépenses entraînées sur une « taxe additionnelle » prélevée par ailleurs (proposition d’article suivant). Le dispositif, rappellent les parlementaires, s’inspire directement de ce qui existe dans certains pays anglo-saxons (Australie, Nouvelle-Zélande, Grande-Bretagne) pour faciliter l’accès à l’enseignement supérieur tout en l’accompagnant « d’une obligation implicite d’efficacité de l’enseignement supérieur » (sic, « exposé des motifs de la proposition de loi »).
Voir dans cette dernière formule l’expression d’une méfiance à l’égard du système existant, surtout dans la période de troubles actuels dans l’enseignement, ne serait sans doute pas faux… On soulignera encore qu’est avalisée l’idée que l’éducation est un investissement et non un droit – surtout si, dans l’avenir, les frais d’inscription sont notablement augmentés par des universités autonomes. On peut donc discuter la logique d’ensemble de la proposition.
Toutefois, le point majeur se trouve sans doute ailleurs – et il est dommage qu’il ne soit pas relevé par les parlementaires. Nombre d’étudiants à l’université sont aussi des travailleurs, souvent sous-payés. Ils perdent du temps et de l’énergie à assurer l’indispensable minimum vital, ce qui les empêche de se consacrer à fond à leurs études. Leurs résultats en pâtissent, naturellement. Le crédit accordé à l’étudiant consiste donc à parier vraiment sur sa capacité à réussir ses études en se concentrant sur elles seules. Alors, oui, le crédit pourra profiter à tous.

Le saprophyte du crédit.

Emprunteurs « fichés » – ou fichus ?

Catégorie : Rachat de credits, Surendettement — rachat credit @ 13:27

Les institutions de crédit (et les huissiers qu’elles mandatent sur décision de justice – rappelons-le : sans cela, pas de raison de leur ouvrir sa porte !…) ont des pouvoirs éminents de rétorsion. Gare aux mauvais payeurs ! L’un d’eux est, dès la troisième échéance impayée, de signaler la personne à la Banque de France, qui la fiche. Perfection informatique, diffusion de la surveillance et crise du crédit aidant, ce genre d’information ne souffre guère d’oublis…
Tout du moins au moment du « fichage »… Car il en va tout autrement pour se faire rayer de la liste une fois acquittées ses dettes. L’institution qui avait signalé les « incidents de crédit » (le terme convenu) est tenue de signaler quand l’emprunteur a réparé ses « oublis » et redressé sa situation : il peut alors être rayé de la liste. Mais là , l’incurie aidant, les oublis sont bien plus fréquents. D’autant que l’information de la mention au fichier n’est disponible aux particuliers que dans les succursales de la Banque de France (de moins en moins nombreuses) et qu’elle n’est donnée qu’oralement. L’emprunteur de bonne foi qui demande un nouveau crédit, une fois ses problèmes résolus, peut donc se le voir refuser par les établissements qui ont tous, eux, un accès direct au fichier. La situation peut durer longtemps après qu’on a acquitté les impayés antérieurs, jusqu’à ce qu’on se voit tout benoîtement refuser son crédit…
Certes, un établissement peut passer outre l’information reçue d’inscription au fichier des impayés et accorder le crédit quand même, jouant la confiance – mais c’est le seul recours car, de même que le particulier n’a pas le document de son fichage, il n’en a pas pour prouver qu’il a été rayé… Il ne peut pas se justifier. Gageons qu’en une période telle qu’aujourd’hui, voilà qui sera suffisamment rédhibitoire pour être exclu d’un crédit qui devrait profiter à tous. Gardez toutes preuves de règlement des échéances et réclamez auprès de la Banque de France. Pour que le crédit, ça profite à tous…
Le saprophyte du crédit.

PAS mort à crédit !

Catégorie : rachat credit — rachat credit @ 13:22

Sans crédit, point d’économie vivante ! Certes. Mais que faire pour « avoir du crédit » quand personne ne vous en prête plus ? Pouvez-vous vous plaindre légitimement de ce qu’on ne vous fasse plus confiance – et que cela se traduise dans le fait qu’on ne vous accorde pas de crédit ?
De prime abord, il semble que non – à quel titre forcer qui ne le veut pas à proposer ce qui par définition, ne peut que s’accorder de bonne grâce : la confiance et le crédit qui va avec ? Après réflexion, la bonne foi du prêteur peut pourtant être mise en question – ce qui se passe quand banques et institutions de crédit apparaissent avoir prêté à tout-va sans bon sens des risques encourus un temps, pour refuser ensuite (maintenant !) tout service à ceux qui ont pourtant toujours (ou le plus souvent) manifesté leur sérieux et la capacité de rembourser…
L’objection est de type quasi-« moral » si l’on veut. Elle a poussé le gouvernement à nommer, en la personne de M. René Ricol, un « médiateur du crédit », qui a rendu son rapport, le premier, le 12 janvier dernier. Son ton n’est ni triomphaliste, ni bonimenteur : il relate les succès enregistrés quant il s’agit de sortir de difficultés de trésorerie passagères les entreprises saines ayant besoin de se financer. Il laisse aussi deviner des obstacles quasi-insurmontables quand ce seront (et ce sont déjà ) des entreprises proches de la faillite – parfois si petites (TPE) que la différence, certes légale, avec les ménages existe peu en fait. Or le « médiateur » n’est pas un « sauveur » ; il est banal d’avertir qu’il ne pourra guère de miracles. Et qui les peut ?
Chacun est seul en mesure d’agir dans l’intérêt de ses propres affaires : cette morale paraît réductrice, surtout quand les moyens d’agir sont (très) inégaux. C’est bien pourquoi le pouvoir politique a nommé un « médiateur », afin qu’il appuie les moins dotés. Mais il est seul… Et peut-être le signal majeur qu’il puisse donner est-il d’éviter avant tout de paniquer : que chacun analyse sa situation, réfléchisse à ses besoins réels et agisse aussi adroitement que possible. C’est peu de réconfort. Mais, entre jeter l’éponge (déposer le bilan pour l’entreprise ou le ménage) et « tenir » en renégociant avec courage (résister en rachetant ses crédits de manière avisée), l’écart est faible et il est entre les mains de chacun. Comme son avenir – pour que le crédit, ça profite à tous !
Le saprophyte du crédit.

Le libéralisme et son contraire…

Catégorie : Crise financière, Rachat de credit — rachat credit @ 13:16

À l’heure où la crise a montré la nature de girouette des experts autoproclamés, quelles sont les positions de chacun ? D’aucuns qui ne juraient que par le marché se sont soudainement convertis à l’intervention massive des fonds publics, et d’autres encore (ou les mêmes), partisans de la concurrence dans les salaires se réjouissent que la « morale-Obama » prescrive des « limites ». La justice a-t-elle quelque chose à y voir, ou un opportunisme pragmatique ?
Laissons ces tristes sires aux idées vagues, mais d’un aplomb incorrigible à désespérer, pour jeter un œil sur l’économie politique néoclassique standard aujourd’hui. Si les plans de relance sont des romans politiques, avec leur poésie certes mais sans efficace, leur application immédiate va laisser un sourire triste et un goût amer. Mais si le plus modeste plan peut briser la bluette des partisans du marché sans frein, alors quel progrès ne pourrait-il pas s’accomplir?
On s’explique pourtant, dans une perspective psychologique le vain soulagement qu’il y a à faire des plans d’organisation, quand la science se prévalait jusqu’ici du rejet de toute planification, mais laissait de sérieux doutes sur ses thuriféraires. Au manque de principes s’ajoute l’aveuglement le plus condescendant dans l’activité humaine la plus urgente: survivre.
Repositionnons des idées claires, sans préjuger ni que l’école néoclassique exagère le caractère naturel de l’organisation sociale ni que son contraire exagère le rôle du droit social :
« Les forces naturelles sont tout », disent les économistes néoclassiques ;
- « Les lois humaines et le droit sont tout », répondent leurs adversaires ;
« Il s’agit surtout de la liberté de l’individu », disent les uns ;
- « Non, répliquent les autres, il s’agit surtout de la prospérité générale » ;
« Il faut produire le plus possible », disent ceux-ci ;
- « Non, il faut la répartition la plus équitable », disent ceux-là ;
« L’égoïsme seul est équitable, il est une force naturelle toujours la même » : les uns ;
- « Non [les autres], il n’est pas seul légitime; il y a un développement moral de l’humanité, qui produit de tout autres hommes, des hommes qui finiront par introduire la vertu dans la vie économique même ».
« L’important est que le capital gagne, que les entreprises réalisent des bénéfices », disent les premiers ;
- « Il s’agit exclusivement du bien de la classe la plus nombreuse, des véritables producteurs, des employés, des ouvriers », disent les autres.
On peut continuer la série des antithèses toutes également vraies et également fausses ; mais au moins claires. Car le nord reste le même que les girouettes tournent ou pas… Écoutons les chœurs reprendre : « Il est nécessaire que le crédit soit largement disponible et les taux bas – pour cela, il faut déréguler les marchés financiers et hypothécaires », prétendent les uns.
- « Il convient surtout d’encadrer les pratiques bancaires et d’éviter les abus périlleux comme les arnaques honteuses », répondent les autres.
Quant à l’utilité pratique du libéralisme… et celle de son contraire, elles consistent au moins à fixer les positions. L’impulsion vive que donne la critique de chaque camp peut être le ferment dissolvant la dogmatique creuse et stagnante de l’économie standard. De prétendus experts déguisent la science : c’est elle qui est en crise. Jusqu’aux mots qui sont contaminés : si celui d’ « interventionnisme » est la catégorie qui regroupe les traits fondamentaux de multiples paradigmes hostiles au libéralisme, qu’on prenne gare : le concept a été forgé par les « libéraux » hostiles à l’État pour mieux incriminer l’épouvantail qu’ils dressaient… En temps de crise, les discours se croisent en tous sens, voire dans les mêmes bouches… Est-ce neuf ?
J’oubliais : sauf quelques modifications, les répliques ci-dessus ont été écrites il y a 150 ans (en 1874 exactement, par le chef de file de l’école historique allemande d’économie, Gustav v. Schmoller, dans une lettre ouverte au député conservateur Heinrich v. Treitschke). L’œuvre de Schmoller témoigne, à côté d’une méthode parfois défaillante, d’un esprit sain dans la critique. Pour qu’elle au moins, profite à tous ! Le saprophyte du crédit.


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