La mécanique du crédit : des fonds entre liquidité et liquéfaction
Interdiction légale, ou sans doute au moins limitation des transactions – et de la spéculation – sur fonds propres : l’influence du présidence des États-Unis se fera-t-elle sentir jusqu’à nous ? Les Européens préfèrent souvent plutôt imposer aux institutions bancaires l’augmentation de leurs fonds propres, comme garantie contre le risque « de période », c’est-à-dire pour avoir l’assurance du remboursement des dépôts des épargnants n’importe quand, crise ou pas…
Mais à quoi servent les fonds propres ?
Comme dans toute entreprise, ils constituent des actifs de la compagnie bancaire. L’activité de banque consistant à drainer, prêter et gagner de l’argent, les transactions sur tous les fonds (y compris propres) en accroissent la circulation. S’il en allait autrement, l’argent bloqué stagnerait et, comme le sang qui ne coule plus, coagulerait – risque d’embolie…
Bref, les banques veulent pouvoir continuer de liquidifier… tandis que les déposants risquent, eux, de voir leurs fonds se liquéfier… Depuis 2008, il y a eu quelques exemples…
Quant aux emprunteurs, quel est leur intérêt ? La liquidité des fonds est censée leur bénéficier, puisque la plus ou moins grande facilité du crédit en découle. Toutefois, au vu de la réticence présente des banques à accorder le crédit vital aux ménages et petites entreprises, après l’impéritie dont elles avaient fait preuve avant la crise, n’est-il pas compréhensible de réagir d’autant que la spéculation et la course aux bonus ont repris ? Car c’est à faire obtenir à tout un chacun le crédit qui est lui vital qu’une « bonne » institution bancaire se reconnaît – puisque les grandes banques l’ont oublié, c’est précisément aux meilleurs racheteurs de crédit de le prouver : pour que le crédit, ça profite à tous…
Le saprophyte du crédit.
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